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Il est possible d’utiliser des cultures endommagées pour nourrir vos animaux

Publié le 02.08.2018 par Richard Kamchen

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Prenez garde si vous conservez des cultures ayant subi du stress et des dommages causés par les conditions météorologiques pour nourrir les animaux parce que l’accumulation de nitrates pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la santé des ruminants, préviennent des spécialistes.

Si vous conservez des cultures ayant subi du stress et des dommages causés par les conditions climatiques pour nourrir les ruminants, veillez à prendre les mesures nécessaires pour éviter des conséquences fâcheuses.

« Le stress causé par la chaleur ou la grêle peut entraîner l’accumulation de nitrates chez les végétaux », explique Trevor Lennox, spécialiste de la vulgarisation en matière de gestion des parcours au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.

Récemment, la grêle et les conditions sèches et venteuses ont porté atteinte aux cultures dans certaines parties de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Selon le ministère de l’Agriculture de l’Alberta, les tempêtes de grêle qui ont frappé la province ont causé de lourds dommages aux cultures, mais celles-ci pourraient tout de même constituer une excellente source d’aliments pour animaux.

Toutefois, la vigilance est de mise si vous conservez des oléagineux, des céréales ou du foin endommagés, prévient le Ministère.

Ruminants

En temps normal, les ruminants comme les bovins, les moutons et les chèvres convertissent les nitrates contenus dans le fourrage en nitrites, qui sont à leur tour transformés en ammoniaque que les microbes du rumen utilisent pour fabriquer des protéines, explique le ministère de l’Agriculture du Manitoba.

Cependant, lorsque la conversion des nitrates en nitrites est plus rapide que la conversion des nitrites en ammoniaque, les nitrites s’accumulent et passent dans la circulation sanguine. Dans le sang, ils se lient à l’hémoglobine, ce qui réduit la capacité du sang à transporter l’oxygène et entraîne un risque de suffocation chez les animaux.

« Cela se traduit souvent par une respiration difficile après l’alimentation », indique Bart Lardner, professeur à l’Université de la Saskatchewan.

Le risque n’est pas égal pour tous les ruminants; les bovins sont les plus menacés.

L’empoisonnement aux nitrates peut aussi avoir de graves répercussions sur les veaux à naître.

Prévention

Barry Yaremcio, spécialiste des bovins et du fourrage de l’Alberta, indique que les concentrations de nitrates atteignent un sommet quatre jours après que les plants ont été endommagés, et que si ceux-ci se rétablissent et recommencent à croître, les concentrations de nitrates peuvent revenir à la normale au bout de 12 à 14 jours.

Les producteurs qui soupçonnent la présence de nitrates dans leurs aliments pour animaux peuvent envoyer un échantillon à un laboratoire d’analyse, qui établira les risques éventuels au coût d’environ 20 $, indique M. Lennox du ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.

« Si une analyse des aliments pour animaux indique des concentrations élevées de nitrates, dans la plupart des cas, les aliments en question peuvent quand même être utilisés, à condition d’être mélangés avec une autre source d’aliments pour animaux afin de réduire la concentration de nitrates, souligne M. Lennox. Cette décision doit être prise en consultation avec un nutritionniste spécialisé en élevage. »

Enfin, si des aliments pour animaux sont ensilés, le processus d’ensilage peut contribuer à réduire les concentrations de nitrates dans ces aliments, ajoute M. Lennox.

En conclusion

Les éleveurs peuvent utiliser des cultures endommagées pour nourrir leurs animaux, mais des spécialistes les exhortent à prendre des précautions pour éviter le risque d’empoisonnement aux nitrates chez les ruminants.

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