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Tirez le meilleur parti des cultures-abris

Publié le 02.08.2018 par Matt McIntosh

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La diminution de la matière organique du sol est un enjeu de longue date dans les fermes partout au pays. Toutefois, le recours croissant aux cultures-abris contribue à renverser cette tendance.

Avec la bonne stratégie de gestion, les cultures-abris peuvent améliorer la biodiversité, les conditions de croissance et la santé globale du sol.

Jake Munroe, spécialiste de la fertilité des sols en grandes cultures au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, indique que les producteurs peuvent semer différentes cultures-abris pour atteindre différents objectifs. Ceux qui en sont à leurs premiers essais peuvent commencer lentement en intégrant une seule espèce non hivernante dans leur rotation.

Vous êtes débutant dans le domaine des cultures-abris? Commencez lentement en intégrant une seule espèce non hivernante dans votre rotation.

Choisissez différentes cultures selon vos besoins

Si votre objectif est de constituer des réserves d’azote, par exemple, les légumineuses représentent peut-être le meilleur choix. Si vous souhaitez réduire l’érosion, vous pourriez utiliser des espèces qui produisent plus de biomasse. Si vous désirez prévenir le compactage du sol, vous pourriez semer des cultures qui produisent de vastes systèmes racinaires fibreux comme le seigle.

Henry Denotter, céréaliculteur établi dans l’extrême Sud-Ouest de l’Ontario, a essayé toutes sortes de cultures-abris. L’un des principaux problèmes que pose cette pratique dans son sol argileux lourd est d’avoir un sol uniformément sec et chaud avant l’ensemencement au printemps.

Selon son expérience, la façon la plus efficace d’obtenir de bonnes conditions du sol au moment de l’ensemencement est de terminer les travaux à l’automne.

M. Denotter a l’habitude de pulvériser tôt et préfère des cultures – comme l’avoine – qui peuvent être détruites facilement par le glyphosate. Il utilise ce produit parce qu’il ne laisse aucun résidu dans le sol, de sorte qu’il peut semer n’importe quelle culture par la suite.

Kris McNaughton, associée de recherche au campus de Ridgetown de l’Université de Guelph, insiste sur l’importance d’utiliser la bonne formule d’herbicide.

La planification est essentielle

La plupart des cultures-abris monospécifiques peuvent être éradiquées à l’aide d’un seul herbicide ou d’un mélange de deux herbicides, dit-elle. La diversité des mélanges de cultures‑abris, toutefois, nécessite l’élaboration minutieuse d’une formule herbicide.

« Il est essentiel de savoir quelles cultures vous allez semer », dit Mme McNaughton en parlant des cultures-abris et des cultures commerciales subséquentes.

« Une solution de deux litres de Roundup est tout indiquée. Il faut utiliser un produit qui tue, mais qui ne laisse pas de résidus. On utilisera par exemple un herbicide du groupe 1, qui tue les graminées, combiné à un herbicide du groupe 4. Dans tous les cas, vous devez surveiller les échappées de culture. »

Blake Vince, autre céréaliculteur du Sud-Ouest de l’Ontario, indique que l’ajout de cultures‑abris ne nécessite pas non plus de nouveaux équipements dispendieux.

M. Vince sème des mélanges de 18 espèces de cultures-abris après le blé d’hiver dans le cadre d’un système sans labour depuis 2011. Au printemps suivant, il sème les cultures céréalières dans le couvert végétal laissé par les espèces hivernantes. Pour ce faire, il utilise un semoir à grains ordinaire modifié pour frayer un chemin dans les résidus de cultures de couverture.

En conclusion

Blake Vince et Kris McNaughton affirment que la gestion des cultures-abris est un processus d’apprentissage qui, conjugué à la bonne stratégie de gestion, peut améliorer la biodiversité, les conditions de croissance et la santé globale du sol.

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