Nouvelles agricoles

Le blé d’hiver suscite un intérêt inégal d’un océan à l’autre

Publié le 30.08.2018 par Richard Kamchen

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La superficie consacrée au blé d’hiver dans l’Ouest canadien risque de demeurer à des planchers historiques, tandis qu’en Ontario, les semis de blé d’hiver pourraient augmenter.

Une récolte hâtive devrait laisser assez de temps aux producteurs des Prairies pour semer du blé d’hiver, mais les conditions chaudes et sèches qui ont permis d’accélérer le début des travaux aux champs risquent de les en dissuader.

Les conditions chaudes et sèches qui prévalent dans les Prairies risquent de dissuader les producteurs de semer du blé d’hiver, tandis qu’en Ontario, les prix du marché pourraient influencer la superficie ensemencée.

« Tout le monde attend qu’il pleuve avant de semer », dit Paul Thoroughgood, agronome de la Western Winter Wheat Initiative.

Toutefois, ses deux décennies d’expérience comme producteur de blé d’hiver lui ont enseigné qu’il est vain d’attendre.

« Même s’il tombe 10 millimètres de pluie, lorsque vous serez prêt à semer, le sol sera à nouveau desséché. »

Les producteurs qui sèment dans des sols extraordinairement secs peuvent traiter leurs semences (en anglais seulement) pour favoriser l’établissement des cultures, souligne M. Thoroughgood.

Légère remontée

La sécheresse persistante menace de faire diminuer la superficie ensemencée sous la barre des 335 000 acres, un plancher de près de 20 ans atteint l’automne dernier, mais M. Thoroughgood espère voir la superficie remonter à au moins 500 000 acres.

Les marchés défavorables ont fait diminuer la superficie consacrée au blé d’hiver ces deux dernières années, mais une remontée semble envisageable.

« L’abondance de protéines à l’échelle mondiale fait diminuer les primes pour la teneur en protéines, et en contrepartie, les prix des blés de qualité moyenne comme le blé rouge d’hiver de l’Ouest canadien et le blé de printemps Canada Prairie augmentent légèrement », explique M. Thoroughgood.

Les usines d’éthanol (en anglais seulement) sont aussi contraintes d’offrir des prix plus concurrentiels en raison de l’offre réduite de blé hors spécifications.

Un autre avantage de la culture du blé d’hiver est qu’elle peut contribuer à freiner la résistance des mauvaises herbes aux produits chimiques, ajoute M. Thoroughgood.

Ontario

Parallèlement, les producteurs de l’Ontario, plus grande province productrice de blé d’hiver au Canada, pourraient dépasser les 970 000 acres qu’ils ont ensemencés l’automne dernier, selon Todd Austin, directeur de la mise en marché de l’association Grain Farmers of Ontario.

Les prix à terme avantageux du blé d’hiver offerts en juillet et en août pour 2019, conjugués à la faiblesse des cours du soya, pourraient se traduire par une superficie encore plus grande, avance M. Austin.

Les perspectives du marché du soya demeurent baissières étant donné que les estimations du marché concernant la production américaine de soya pour 2018 dépassent la prévision d’août du département de l’Agriculture des États-Unis, qui s’établit à un niveau record de 4,586 milliards de boisseaux. Même si la Chine élimine ses tarifs douaniers et recommence à acheter du soya des États-Unis, les stocks de report seront colossaux, indique M. Austin.

Il ajoute que si le blé d’hiver est une culture qui s’intègre bien dans une rotation avec le maïs et le soya, les conditions météorologiques au moment de la récolte en Ontario auront, en définitive, une incidence considérable sur la superficie qui sera ensemencée en blé d’hiver.

En conclusion

Les champs desséchés risquent de limiter la superficie consacrée au blé d’hiver dans les Prairies, mais les marchés baissiers du soya pourraient entraîner une augmentation des semis de blé d’hiver dans les champs de l’Ontario.

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