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Comment protéger les pâturages en période de sécheresse

Publié le 23.08.2018 par Craig Lester

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Les 
conditions sèches qui touchent différentes régions du Canada affectent les pâturages, dont certains sont en mauvais état, selon des experts.

La situation est tellement préoccupante que certains éleveurs de bétail envisageraient de vendre leurs veaux plus tôt, tout simplement parce qu’ils manquent de fourrage ou qu’il n’est pas économique de nourrir les veaux. Il a manqué de pluie pendant de longues périodes cet été, ce qui a empêché la végétation de repousser.

Des producteurs des Prairies de même que dans l’Est de l’Ontario, certaines régions du Québec et des Maritimes ont fait face à une situation semblable au cours des dernières semaines.

Le ministère de l’Agriculture et de la Foresterie de l’Alberta indique qu’en période de sécheresse (en anglais seulement), les éleveurs devraient mettre l’accent sur les moyens « d’étirer les jours d’alimentation » pour le fourrage ou le pâturage tout en maintenant un niveau raisonnable de productivité. Les projections budgétaires pourront tenir compte du maintien de la totalité ou d’une partie de la base d’actif productive (à savoir le troupeau de vaches), ou l’éliminer entièrement. Des approches similaires s’appliquent aux exploitations de bovins d’engraissement.

La patience est de mise

Harry Brook, spécialiste des cultures au ministère de l’Agriculture et de la Foresterie de l’Alberta, explique qu’il est essentiel de protéger les pâturages à court et à long terme en évitant d’y envoyer le bétail trop tôt.

Il indique qu’on doit s’assurer que la végétation atteigne au moins 15 centimètres avant d’envoyer les bêtes au pâturage.

Assurez-vous que la végétation repousse d’au moins 15 centimètres avant la mise en pâturage, affirme un spécialiste des cultures.

« Pour repousser au printemps, la plante puise son énergie dans ses racines, explique M. Brook. Si le broutage a lieu avant que la masse racinaire puisse reconstituer cette énergie, celle-ci commencera à rétrécir. »

Après plusieurs années de ce traitement, il se produit un phénomène appelé feutrage radiculaire, par lequel la vaste majorité des racines de l’herbe se fixent dans la couche supérieure du sol (entre cinq et dix centimètres), ce qui rend l’herbe plus sensible à la sécheresse et à une carence en nutriments, pouvant se traduire par une mauvaise production.

L’importance d’une rotation

Andy Hart, agriculteur de la région de Claresholm en Alberta, est convaincu de l’importance de déplacer fréquemment son bétail d’un enclos à l’autre.

Il explique que son exploitation agricole a revu son plan de gestion des pâturages il y a environ cinq ans. Maintenant, il déplace son troupeau de 200 vaches et veaux d’un enclos de 40 acres à l’autre, tous les trois ou quatre jours, au début de la saison de croissance. Les avantages sont mesurables.

« J’ai remarqué entre autres que nos pâturages présentent moins d’endroits dénudés et que les espèces favorites d’herbe, qui sont généralement les plus broutées par le bétail, ont la possibilité de récupérer, ce qui se traduit par une amélioration globale de la productivité et de la qualité générale de l’herbe », déclare M. Hart.

Pour avoir des pâturages productifs, il ne suffit pas d’avoir la bonne quantité de précipitations, il faut aussi savoir comment utiliser la pluie.

« La plupart d’entre nous avons tendance à attendre en espérant qu’il pleuve, or, il arrive un moment où vous devez agir dans le meilleur intérêt de votre herbe et fixer une date butoir pour empêcher le surpâturage », ajoute-t-il.

En conclusion

Le temps chaud et sec que nous avons connu cet été a laissé de nombreux pâturages en mauvais état, en raison du surpâturage. Il pourrait être utile de planifier pour l’an prochain, afin d’aider à rompre les mauvais cycles de production et assurer une surface suffisante de pâturage aux animaux.

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