Nouvelles agricoles

L’industrie agricole canadienne s’attaque aux préjugés relatifs à la santé mentale

Publié le 22.11.2018 par Myrna Stark Leader

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Le bien-être mental est un sujet qui suscite un intérêt et un appui grandissants dans le secteur agricole canadien.

Des sujets que l’on n’osait jamais aborder au café du coin, parfois même à la maison, sont de moins en moins tabous. Cette nouvelle ouverture d’esprit est peut-être un des seuls moyens de changer les perceptions et les comportements, qu’il s’agisse de reconnaître quand quelqu’un n’est pas dans son état normal, d’offrir un conseil judicieux à une personne en difficulté, ou de savoir quand vous-même devriez demander de l’aide.

La santé mentale à la ferme

Le mieux-être mental est une question qui touche les agriculteurs, et pour cause. L’agriculture est un travail essentiellement solitaire caractérisé par des facteurs de production incontrôlables comme les conditions météorologiques et les marchés, de courtes saisons de croissance, des investissements initiaux et saisonniers importants, le stress financier et la responsabilité énorme que représente la production de produits de consommation salubres répondant à un besoin fondamental des êtres humains : celui de se nourrir.

La bonne nouvelle est qu’à mesure que la conversation gagne de l’ampleur, des stratégies se font jour.

Les 4-H lancent un nouveau programme d’aide

Cette semaine, les 4-H du Canada ont annoncé la conclusion d’une entente de partenariat de deux ans qui vise à soutenir le bien-être émotionnel et physique des jeunes en milieu rural partout au Canada par la création de l’Initiative pour une vie saine des 4-H du Canada, qui débutera au printemps 2019. Dans le cadre de ce partenariat, les 4-H du Canada ont reçu une contribution financière totalisant 150 000 $ de la part de Financement agricole Canada, de la UFA Co-operative Limited, de Corteva Agriscience (la division agricole de DowDuPont) et de Cargill.

FAC encourage le dialogue

Financement agricole Canada vient de lancer une publication intitulée Cultiver la résilience : Prenons soin de nous et de nos proches, qui a été distribuée à quelque 165 000 adresses en milieu rural cette semaine.

« Nous souhaitons contribuer à vaincre les préjugés qui entourent la santé mentale en sensibilisant les gens à ce sujet, en encourageant le dialogue et en aidant toute personne qui œuvre dans l’industrie agricole à obtenir du soutien si elle en a besoin », écrit Michael Hoffort, président-directeur général de FAC. Il estime que lorsqu’il est question de santé mentale, l’attitude selon laquelle il faut « endurer » n’est pas la bonne.

Pour vaincre les préjugés, l’industrie agricole canadienne encourage le dialogue au sujet de la santé mentale, que ce soit entre voisins, employés ou membres de la famille, ou au sein de comités fédéraux. Elle propose aussi de nouveaux programmes et de nouvelles ressources.

« J’ai raconté mon propre combat contre l’anxiété parce que si ça peut m’arriver, ça peut arriver à n’importe qui », confie Kim Keller, productrice de la Saskatchewan dont le récit est présenté dans la publication.

Entamer la conversation

Cofondatrice de Do More Agriculture, un organisme sans but lucratif axé sur la santé mentale dans le milieu agricole qui œuvre d’un océan à l’autre, Mme Keller préconise ouvertement la prise en charge de la santé mentale, mais elle est consciente que les préjugés sont tenaces.

Elle encourage les gens à prêter attention quand le comportement normal d’une personne change, et à en parler avec elle en lui témoignant une réelle compassion.

« On peut dire : “J’ai remarqué que tu n’étais pas toi-même dernièrement” », dit Mme Keller, expliquant que c’est une bonne façon d’entamer la conversation, même lorsque les gens ont peur.

Toujours à l’échelon fédéral, le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire se penche aussi sur les problèmes de santé mentale en agriculture. Il écoute des témoignages de personnes et d’associations du secteur agricole ainsi que d’organismes de santé mentale afin de comprendre les enjeux du secteur, de communiquer des pratiques exemplaires, d’examiner les ressources offertes et de déterminer les lacunes en matière de santé mentale dans le milieu agricole. Des comptes rendus de toutes les présentations se trouvent sur le site Web du Comité permanent.

Contrairement à d’autres pays, le Canada ne compile pas de données à propos du suicide dans le milieu agricole, mais des histoires racontées au Comité permanent montrent que ces drames se produisent. Une étude de 2016 citée par le Centre for Disease Control des États-Unis indique que les travailleurs des secteurs de l’agriculture, de la foresterie et des pêches aux États-Unis sont cinq fois plus susceptibles que le reste de la population de commettre l’irréparable.

Premiers soins en santé mentale

Pour aider à surmonter la crainte de s’adresser à une personne en situation de crise liée à la santé mentale, la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) offre de la formation de premiers soins en santé mentale partout au pays. Cette formation ressemble aux cours de réanimation cardiopulmonaire, mais au lieu d’apprendre comment porter secours à une personne en situation de détresse physique, comme une victime d’infarctus, on y apprend à venir en aide à des personnes en situation de crise liée à la santé mentale. Pour suivre une formation ou devenir formateur certifié, nous vous invitons à consulter le site Web de la CSMC.

En conclusion

Le fait d’éviter les problèmes de santé mentale ne signifie pas qu’ils disparaissent. Un nouveau livret à ce sujet offre un excellent moyen d’en apprendre davantage, que ce soit pour prendre soin de vous-même ou pour vous aider à entamer la conversation au sujet du mieux-être mental.

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