Nouvelles agricoles

Augmentation du nombre d’agricultrices propriétaires d’exploitations au Canada

Publié le 22.11.2018 par Céline Normandin

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Les femmes sont plus nombreuses à devenir propriétaires d’entreprises agricoles, mais les embûches sur leur chemin sont aussi plus nombreuses que pour leurs homologues masculins, dévoile une étude. C’est la conclusion qui se dégage d’une recherche préliminaire menée par le Conseil du statut de la femme sur la relève agricole féminine au Québec.

Le portrait change

Le portrait de l’agriculture évolue bel et bien au Québec. Depuis 2008, la proportion de jeunes femmes qui s’établissent en agriculture est de 30 %. La relève féminine possédant la moitié et plus des parts d’une entreprise agricole a augmenté au Québec de 2011 à 2016, passant de 62 % à 66 %.

Les femmes plus nombreuses en agriculture : le transfert de ferme a un nouveau visage

Le phénomène est aussi visible dans le reste du Canada. Statistique Canada a dressé un portrait des propriétaires agricoles selon le genre. D’après le dernier recensement de 2016, la proportion de femmes exploitantes agricoles est passée de 27,4 % en 2011 à 28,7 % en 2016. L’organisme fédéral note qu’il s’agit d’une tendance à long terme amorcée en 1991, alors que les femmes représentaient 25,7 % des exploitants agricoles. En l’espace de cinq ans, soit de 2011 à 2016, le pourcentage de femmes gérant seules leur entreprise est passé de 5,6 % à 7,2 %.

Les stéréotypes évoluent

Les premiers résultats de l’étude démontrent que les femmes partagent certains défis dans leurs parcours.

« Elles auront plus de difficultés à obtenir du financement, par exemple pour l’achat de quotas », note la chercheure Nathalie Bissonnette, mandatée par le Conseil du statut de la femme. Les clichés et les préjugés persistent aussi, que ce soit sur leurs connaissances ou leurs capacités physiques, surtout si elles ne sont « ni la femme de, ni la fille de ».

Certaines tâches restent encore l’apanage des femmes, comme la comptabilité, sans compter que la conciliation travail-famille incombe souvent à la conjointe dans un couple exploitant une entreprise agricole.

Les femmes intègrent aussi l’agriculture en empruntant des voies de contournement, par exemple les élevages marginaux ou l’agriculture biologique et de proximité. C’est le cas du tiers d’entre elles au Québec, selon Mme Bissonnette. Les revenus sont aussi moins importants chez les femmes, une situation qui prévaut également aux États-Unis.

Des éléments gagnants

Certains facteurs contribuent toutefois à faire contrepoids aux embûches auxquelles se butent les femmes. 

« Le rôle du père est déterminant dans la construction d’une estime et d’une confiance personnelles pour la relève féminine », indique Mme Bissonnette. Elle ajoute que les agricultrices qui ont pu bénéficier d’un bon encadrement ont vu des retombées positives pour leur entreprise ainsi que sur leur intégration dans le réseau social agricole.

Les pionnières permettent aussi de tracer le chemin pour la jeune génération. La présence de femmes dans les conseils d’administration aide à changer les perceptions.

« Les femmes jouent un rôle important dans le développement social et économique de l’agriculture », déclare la présidente du Conseil du statut de la femme Louise Cordeau en pointant l’impact important de la relève sur la diversification de l’agriculture. « La reconnaissance des femmes s’est fait attendre », ajoute-t-elle.

En conclusion

Selon des sondages, les femmes transforment le portrait de l’agriculture canadienne en devenant propriétaires de plus d’exploitations. Véritables figures de proues, elles ouvrent la voie à de plus jeunes agricultrices en participant au développement social et économique de l’agriculture.

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