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Méfiez-vous des pièges liés au pâturage hâtif

Publié le 14.03.2019 par Richard Kamchen

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Les éleveurs qui sont à court d’aliments pour animaux envisagent peut-être d’envoyer leurs bovins au pâturage dès que la neige aura fondu, mais des experts préviennent que le pâturage hâtif a des répercussions sur la santé des plantes et sur celle des animaux.

Les réserves d’aliments pour animaux sont au plus bas et la neige a commencé à fondre... Comment déterminer s’il est trop tôt pour envoyer vos bovins au pâturage? Partagez sur Twitter

« Le bétail devrait être envoyé au pâturage lorsque les plantes ont atteint le stade de trois à quatre feuilles », indique Christine O’Reilly, spécialiste du fourrage et du pâturage au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. « Avant ce stade, les plants subissent un très grand stress. »

Période de pâturage

En règle générale (en anglais seulement), une semaine de pâturage prématuré au printemps réduit de trois semaines la période de pâturage à l’automne.

« Si les animaux sont envoyés au champ trop tôt année après année, les mauvaises herbes qui amorcent leur croissance plus tard que les graminées au printemps risquent de supplanter les espèces que les éleveurs souhaitent voir dans leurs pâturages », explique Mme O’Reilly.

Par ailleurs, le pâturage prématuré est peu bénéfique pour les bovins; en effet, les jeunes plants sont constitués presque exclusivement d’eau et n’ont qu’une faible valeur nutritive, ce qui est particulièrement problématique pour les vaches qui ont donné naissance à des veaux, souligne Karin Lindquist, spécialiste du fourrage et du bœuf au ministère de l’Agriculture de l’Alberta.

Stress causé aux pâturages

Dans les régions qui ont été touchées par la sécheresse et par des pénuries d’aliments pour animaux l’automne dernier, les bovins sont peut-être restés au champ trop longtemps, laissant derrière eux des parcelles surpâturées au début de l’hiver, dit Cedric MacLeod, directeur général de l’Association canadienne pour les plantes fourragères.

Ces pâturages auront absolument besoin d’une période de repos suffisante au printemps pour reconstituer leurs réserves racinaires.

« En général, je suppose que nous sortons nos bovins trop tôt même les années où les choses vont bien », dit M. MacLeod.

Pénuries et froid

L’hiver n’a pas été facile pour les éleveurs disposant de faibles réserves. Barry Yaremcio, spécialiste du bœuf et du fourrage au ministère de l’Agriculture de l’Alberta, souligne que le froid enregistré dans sa province a entraîné une hausse de la consommation alimentaire des animaux.

Les pénuries de foin et le froid extrême ont causé des maux de tête à bien des éleveurs des Prairies cet hiver. Ceux-ci croisent les doigts pour avoir assez d’aliments pour sustenter leurs animaux jusqu’à ce que les pâturages soient prêts, dit Mme Lindquist.

Pistes de solutions

Certains producteurs devront se résoudre à racheter des aliments ou à recourir à l’engraissement à forfait.

Le logiciel CowBytes du ministère de l’Agriculture de l’Alberta aide les éleveurs à s’assurer de fournir un apport équilibré en éléments nutritifs à leur bétail.

Mme Lindquist ajoute qu’une alimentation complémentaire peut être bénéfique pour les veaux. Il peut s’agir d’un mélange d’un tiers de pois et de deux tiers d’avoine et d’orge ou de maïs.

La mise à la réforme est une autre possibilité, souligne M. MacLeod.

« Le moment est peut-être venu de vendre ces quelques veaux qui ont atteint un poids élevé, ou les vaches qui sont prêtes à être retirées du troupeau, au lieu de limiter votre production fourragère dans l’avenir », dit-il.

L’inconvénient est la faiblesse des prix des vaches de réforme, mais si vous vous refusez à vendre, vous risquez d’être incapable de nourrir correctement votre troupeau, fait valoir M. MacLeod.

En conclusion

Les éleveurs de bovins ont des choix difficiles à faire lorsque les aliments pour animaux viennent à manquer, mais on leur conseille d’envisager des solutions de rechange comme l’engraissement à forfait ou l’apport d’une alimentation complémentaire, voire le rétrécissement du troupeau. Le pâturage prématuré peut nuire à la santé des plantes et des animaux.

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