Nouvelles agricoles

La fonte de la neige pourrait accentuer la dissémination des mauvaises herbes

Publié le 14.03.2019 par Owen Roberts

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1 - Cynanche  2 - Kochia à balais  3 - Épilobe cilié  4 - Prêle d’hiver  5 & 6 - Onagre velu

Les prévisions concernant les mauvaises herbes sont empreintes d’incertitude ce printemps en raison des chutes de neige abondantes reçues dans certaines parties des régions agricoles du pays, qui risquent de provoquer des inondations.

Si cela se produit, les eaux de crue pourraient disséminer les graines de mauvaises herbes sur une très grande superficie.

Il s’agit d’une préoccupation immédiate dans le Sud-Ouest de l’Ontario, où la fonte de la neige et les embâcles sur la rivière Thames causent des problèmes, ainsi qu’au Manitoba, où tous les yeux sont rivés sur le bassin de la rivière Rouge.

« La fonte de la neige a une incidence déterminante à l’heure actuelle », dit Rob Gulden, écologiste spécialiste des mauvaises herbes à l’Université du Manitoba. « On s’attend à des inondations au Canada et aux États-Unis, ce qui pourrait accentuer la dissémination des mauvaises herbes, dont certaines espèces résistantes en provenance des États-Unis. Les inondations influeront aussi sur le moment de la levée des mauvaises herbes. »

Des inondations printanières pourraient entraîner un afflux de mauvaises herbes sur certaines terres agricoles du Canada, ce qui rend le dépistage essentiel, disent des experts. Partagez sur Twitter

Fortes infestations en vue

Des observateurs comme M. Gulden s’attendaient déjà à des infestations de certaines espèces de mauvaises herbes (en anglais seulement) comme la sétaire verte et l’amarante. En effet, la banque de semences de ces mauvaises herbes s’est regarnie l’été et l’automne derniers grâce aux conditions sèches.

Lorsque l’épaisse couche de neige aura fondu, les niveaux d’humidité du sol seront élevés, ce qui permettra à la banque de semences reconstituée de s’établir dès que le temps se réchauffera.

« Ce sont des conditions propices au recrutement hâtif des mauvaises herbes », dit M. Gulden.

Espèces à surveiller en Ontario

Dave Bilyea, technicien en malherbologie au campus de Ridgetown de l’Université de Guelph, en Ontario, a dressé une liste d’une dizaine de mauvaises herbes à surveiller cette saison dans la province. On y trouve aussi d’autres mauvaises herbes indésirables et nuisibles.

La moitié d’entre elles ont déjà acquis une certaine tolérance aux herbicides.

  • Pâturin annuel
  • Épilobe cilié
  • Kochia à balais 
  • Prêle d’hiver 
  • Onagre velu 

« Ces espèces ne sont pas encore répandues, mais ce sont des nouvelles venues que nous devons surveiller », insiste M. Bilyea.

L’une d’entre elles, l’acnide tuberculée, est un problème colossal aux États-Unis, où elle a acquis une résistance à plus de trois modes d’action. Elle est en train de progresser vers le Nord et a déjà atteint certaines parties de l’Ontario.

Autre mauvaise herbe en provenance des États-Unis à surveiller : l’amarante de Palmer, que l’on trouve aux États-Unis dans la région des Grands Lacs et qui arrivera tôt ou tard au Canada.

Mauvaises herbes qui passent inaperçues

M. Bilyea indique que l’amarante tuberculée est un exemple de « mauvaise herbe qui passe inaperçue » en raison de sa forte ressemblance avec les amarantes indigènes.

Il en va de même du cynanche , autre mauvaise herbe qui figure dans la liste de M. Bilyea. Dans l’Est de l’Ontario, certains pâturages ont été envahis par le cynanche, qui prolifère dans les terres boisées avoisinantes avec d’autres mauvaises herbes comme le sumac vénéneux et la vigne sauvage. Lui aussi passe inaperçu jusqu’à ce qu’il commence à envahir sournoisement des champs et des pâturages.

M. Bilyea indique que la détection hâtive de l’une ou l’autre de ces espèces est essentielle.

« Dépistage et sensibilisation sont les mots d’ordre, dit-il. Le fait de connaître l’état normal de vos champs vous aidera à repérer les nouvelles mauvaises herbes qui nécessitent une intervention. Mais même les espèces à surveiller ne se trouvent pas partout. Si leur arrivée est confirmée, nous avons la chance de les éradiquer avant qu’elles se propagent. »

En conclusion

Les prévisions concernant les mauvaises herbes sont grandement influencées par l’abondance de neige reçue dans de nombreuses régions agricoles du pays, dont la fonte risque de provoquer des inondations. Le dépistage sera crucial ce printemps afin de prévenir les problèmes éventuels, en particulier la résistance de certaines mauvaises herbes aux herbicides.

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