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Données sur les analyses comparatives

Publié le 20.05.2020 par L’équipe de la Veille du marché

Les analyses comparatives devenant de plus en plus courantes dans l’industrie agricole, la présente étude a été conçue de façon à en apprendre davantage au sujet des pratiques des producteurs en matière d’analyses comparatives.

FAC a demandé aux producteurs s'ils collectaient des données pour l'analyse comparative. Nous nous sommes penchés sur les types de renseignements ou de données que les producteurs recueillent et sur la façon dont ils les utilisent pour prendre des décisions concernant leur exploitation.

Nous avons demandé aux producteurs qui ne font pas d’analyse comparative, ni à l’interne ni à l’externe, ce qui les empêchait d’avoir recours à cette pratique d’affaires courante.

Enfin, nous avons demandé aux producteurs quel type de soutien ils trouveraient utile aux fins de futures analyses comparatives.

Principales constatations

1. Les analyses comparatives faites à l’aide de données internes constituent une pratique courante chez les producteurs

Huit producteurs sur dix (82 %) ont indiqué qu’ils effectuent des analyses comparatives pour leur exploitation agricole. Il existe deux méthodes de comparaison des données; celle qu’utilisent les répondants le plus souvent est l’analyse comparative interne (78 %). À titre de comparaison, moins de la moitié des répondants (38 %) utilise des sources de données externes.

Nous avons une idée du nombre de producteurs qui utilisent UNIQUEMENT des données internes, et de ceux qui utilisent autant des données internes qu’externes.

La plupart des producteurs (44 %) examinent uniquement les données internes d’un exercice à l’autre. Le tiers des producteurs (34 %) tient compte autant des données internes qu’externes. Seul un petit nombre de producteurs (4 %) indiquent qu’ils consultent uniquement des données externes.

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Le recours à des analyses comparatives internes est constant pour toutes les catégories de producteurs, peu importe le secteur, la province ou le chiffre d’affaires annuel.

Secteurs
Les producteurs de tous les secteurs sont aussi plus susceptibles de faire des analyses comparatives à l’aide de données internes que de sources de données externes.

Ceux du secteur porcin sont plus susceptibles que les producteurs des autres secteurs à obtenir des données externes pour analyser leur exploitation. Ils considèrent que les données externes sont très fiables (94 %).

Les producteurs du secteur porcin utilisent habituellement des données externes pour tenter de « surpasser les moyennes de l’industrie ». Ils considèrent le niveau de production pour prendre des décisions d’ordre opérationnel concernant, par exemple, l’achat de nouveaux équipements, la mise en œuvre de nouvelles technologies, le choix de variétés ou l’essai de nouvelles pratiques agronomiques.

page2.JPGRésultats provinciaux
À l’échelle nationale, les producteurs sont deux fois plus susceptibles de faire des analyses comparatives à l’aide de données internes que de données externes. Il est important de souligner que, de toutes les provinces, la Saskatchewan est la moins susceptible d’utiliser des données externes aux fins de ses analyses comparatives.

Plus du tiers (38 %) des producteurs de la Saskatchewan a affirmé qu’il trouve que les données externes sont « plutôt fiables ». L’obstacle principal (45 %) soulevé par ce groupe de producteurs est de trouver des sources de données comparables.

Chiffre d’affaires annuel
Une tendance se dégage de l’ensemble des catégories de chiffres d’affaires annuels. En effet, plus le chiffre d’affaires augmente, plus il est probable qu’un producteur ait recours à des analyses comparatives.

Cependant, dans toutes les catégories de chiffres d’affaires, il est plus probable que les producteurs utilisent des données internes qu’externes pour faire leurs analyses comparatives.

2. Les producteurs utilisent le plus souvent des données sur les coûts / dépenses pour l'analyse comparative

Les renseignements ou les données les plus couramment consultés aux fins des analyses comparatives portent sur les coûts et les dépenses.  

Les répondants ont indiqué qu’ils utilisent ces données parce qu’elles offrent l’avantage de comparer leurs coûts à ceux des autres producteurs. Ainsi, ces renseignements révèlent parfois aux producteurs qu’ils paient trop cher, et constituent un référent pour négocier les prix.

Parmi les autres sources de données utilisées pour faire des analyses comparatives, notons la gestion des champs, la rentabilité, le rendement financier et la production de bétail. Seul un nombre restreint de producteurs (30 %) a recours à des données sur l’environnement pour faire des analyses comparatives.

Bien que les données sur les coûts soient utilisées le plus souvent par les producteurs de tous les secteurs pour leurs analyses comparatives, les autres types de données utilisées varient selon le secteur.

Ainsi, la plupart des producteurs du secteur laitier considèrent également le rendement financier (60 %) et la production de bétail (75 %). Plus de la moitié (59 %) des producteurs du secteur bovin tiennent compte de la production de bétail. Les producteurs de cultures ont en outre tendance à considérer la gestion des champs (69 %). Les producteurs du secteur de la volaille examinent principalement les données sur la production de bétail (87 %) ainsi que les données sur la rentabilité (66 %). Les producteurs porcins effectuent quant à eux leurs analyses comparatives au moyen des données sur la production de bétail (76ִ %) et sur la rentabilité (62 %). 

Les producteurs ont souligné que la comparaison des données leur sert à juger du rendement de leur entreprise agricole par rapport à celui d’années antérieures ou d’autres entreprises. Si leur rendement est inférieur à la moyenne, ils cherchent à obtenir plus de renseignements sur la manière d’améliorer leurs activités.


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3. Les producteurs se comparent à des opérations similaires aux leurs

Lorsqu’ils recueillent des renseignements auprès de sources externes, les producteurs utilisent les renseignements d’entreprises agricoles semblables à la leur pour ce qui est du secteur, de la taille et de l’emplacement. Ces renseignements s’obtiennent le plus souvent lors de conversations générales avec leurs pairs ou lors de visites de fermes avoisinantes.
Les producteurs s’adressent également à leur comptable pour recueillir des renseignements sur leur position par rapport aux autres producteurs de leur province.

Les données externes proviennent aussi d’agronomes, de vendeurs d’aliments pour animaux, de nutritionnistes, ou ont été recueillies lors de la lecture de publications ou de rapports locaux ou bien lors de recherches générales effectuées en ligne.

Dans l’ensemble, les producteurs sont d’avis que les renseignements qu’ils obtiennent sont fiables (75 %). L’autre quart des producteurs questionnés (24 %) n’est pas sûr de la fiabilité de ces renseignements, qui pourraient être nuancés par des partis pris ou des exagérations de la part des producteurs, ou encore, trouve que la méthode de cueillette n’est pas claire.

4. Le manque de compréhension empêche les producteurs de comparer

Données internes

Un producteur sur cinq (22 %) ne fait pas d’analyse comparative à l’aide de données internes. Nous avons demandé à ces producteurs ce qui les empêche d’utiliser leurs données internes et La réponse la plus courante (38 %) était qu’ils ne savaient pas par où commencer. 

Un quart d’entre eux (25 %) ont indiqué qu’ils ne voyaient pas l’avantage que comporte cette pratique. Les producteurs trouvent également que ce processus prend trop de temps (21 %) et qu’il est compliqué (14 %). 

Une autre raison pour laquelle certains producteurs ne font pas d’analyse comparative à l’interne est qu’ils s’en sentent incapables en raison de changements opérationnels annuels (20 %).

Données externes

Nous avons demandé aux producteurs qui ne font pas d’analyse comparative à l’aide de données externes (62 %) à quels obstacles ils se heurtaient.

La réponse la plus courante (50 %) était qu’ils ne savaient pas où trouver des sources de données comparables. 

Un producteur sur cinq (20 %) a indiqué que son exploitation se distinguait des autres. Certains producteurs croient que ces analyses prennent trop de temps (19 %), n’en voient pas l’avantage (19 %) et trouvent le processus compliqué (16 %).

5. Les producteurs veulent un endroit central pour héberger les données

Des producteurs (24 %) ont indiqué qu’il serait utile d’avoir un site Web qui fournit tous les renseignements dont ils ont besoin pour effectuer des analyses comparatives. Dans ce site, ils (23 %) aimeraient pouvoir consulter des renseignements et des données sur des exploitations d’une envergure semblable à la leur. 

L’idéal serait que ces renseignements soient hébergés par un tiers, afin que les résultats soient impartiaux. 

En plus d’un site commun pour la collecte de données, des producteurs ont indiqué qu’ils aimeraient recevoir des conseils et de l’aide pour savoir comment commencer à effectuer des analyses comparatives. Ceux qui font des analyses comparatives à l’heure actuelle soutiennent qu’avoir davantage de soutien sur les pratiques exemplaires leur permettrait de s’assurer qu’ils utilisent les renseignements de la façon la plus efficace possible pour leur exploitation. Ce soutien pourrait être offert dans le cadre de rencontres individuelles ou d’un atelier. 

De plus, un logiciel ou un modèle d’analyse comparative les aiderait à veiller à ce que leurs analyses comparatives soient toujours cohérentes et à jour.

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